Après l’écoresponsabilité en 2022, le travail en 2023 et l’inclusion en 2024, le collectif des festivals de cinéma de Nouvelle-Aquitaine aborde en 2025 la thématique de la communication en organisant 3 temps de formation :

  • « La communication : diagnostic, enjeux et stratégie marketing » au FIPADOC
  • « La stratégie de communication vers les partenaires institutionnels et privés. » au Festival du Cinéma de Brive
  • « La stratégie de communication destinée aux publics et aux cibles relais » en octobre 2025 au FIFIB

Stratégie de communication : diagnostic et enjeux

Vendredi 31 janvier 2025 a eu lieu la journée professionnelle des festivals sur le thème de la communication, lors du Fipadoc, à Biarritz.

La matinée était consacrée à des échanges informels “entre nous” sur les effectifs, les chargés de communication, l’élaboration d’une stratégie, etc.

L’après-midi, nous avons accueilli deux intervenants : Pauline Fournat, chargée de communication freelance pour des festivals de musique et Juan Lagarrigue, chargé de communication de l’Atabal (Smac Pays basque).

En résumé, les questionnaires remplis préalablement par les festivals adhérents font apparaitre les données suivantes :

  • chaque festival consacre en moyenne 7 à 15% du budget global à la communication (hors salaires), sachant que les budgets varient de 3.000 à plus de 100.000 euros

  • sur 13 répondants, 3 ont augmenté la part du budget alloué à la communication, 4 l’ont baissé, 6 ont un budget stable

  • sur 13 répondants, 7 ont mis le budget comme contrainte principale

  • aucun ne possède de chargé de communication salarié à l’année

  • 4 ont un seul salarié à l’année qui s’occupe de tout, dont la communication

  • 7 recrutent un CDD ou un freelance pour une période courte

  • 3 ont une personne à l’année en freelance ou avec d’autres missions, qui peut intervenir sur la communication

  • 2 assurent une continuité d’une année sur l’autre

  • 2 externalisent la com

Les publics :

  • entre 1.000 et 90.0000 personnes fréquentation très éclectique

  • CSP+, intellectuels, enseignants

  • public vieillissant, + de 60 ans

  • public fidèle

  • beaucoup de locaux et de scolaires

Ceux qui ne viennent pas :

  • les jeunes actifs, 30-40 ans

  • hors locaux / public national

  • ados et étudiants

  • classes moyennes et public prioritaire

Solutions citées :

  • proposer un salon d’art / des expos / artistes associés = moyen de communication gratuit car les artistes vont communiquer sur leurs plateformes et attirer un nouveau public

  • beaucoup ont réduit les dépenses print ou y réfléchissent bien qu’il soit encore indispensables pour une partie des visiteurs (moins d’impressions de catalogue ou le faire payer 5 euros par ex, problématique de la visibilité des partenaires évoquée), au profit de versions dématérialisées

  • tous s’accordent à dire (pour les concernés) que la presse nationale n’apporte pas de retombées directes sur la fréquentation même si elle contribue à améliorer l’image et le standing des festivals, contrairement à la presse locale qui a une influence directe sur la fréquentation

  • un festival a créé le poste “chargé des publics” pour venir compléter le travail de la communication, pour faire de la médiation et aller chercher de nouveaux publics

  • tous connaissent une période froide où il est difficile de trouver du contenu à publier

  • certains ont évoqué la précarité des chargés de communication qui doivent trouver d’autres missions le reste de l’année

 

Pour élaborer une stratégie, elle démarre par une analyse sur l’année précédente (taux de fréquentation, comportements d’achat, engagement sur les réseaux sociaux, revue de presse, retours des partenaires, etc.) grâce à des outils d’analyse (Arena metrics, CRM Brev, par ex)

  • mettre en place des études du public : sur place, avant et après le festival (proposer un jeu concours, adhésion à une newsletter ou demander dans les questions non-obligatoires pour récolter des adresses mails)

  • redéfinir les cibles et objectifs

  • importance d’une charte graphique reconnaissable rapidement (voir ci-dessous avec Juan)

Sur les réseaux sociaux, quelques règles à respecter :

  • poster du contenu régulièrement, mais pas trop, vaut mieux privilégier la qualité car c’est le taux d’engagement (temps passé sur la publication, réactions, enregistrements, envois à d’autres personnes, etc.) qui va définir la qualité, plus votre taux d’engagement sera élevé, plus Meta va diffuser encore plus le post et cibler le bon public. Au contraire, un post qui n’a aucun intérêt va contribuer à invisibiliser davantage la page

  • penser à faire beaucoup de vidéos pendant le festival pour alimenter les RS pendant la période froide

  • adapter le format à la plateforme et à l’algorithme (par exemple, Instagram aime les vidéos et les carrousels alors que Facebook va préférer une photo accompagnée de texte)

  • posts en collaboration avec d’autres pages (réalisateurs présents, artistes, influenceurs, etc.), le post sera vu par la communauté de l’autre personne en plus de la vôtre

  • sponsoring Meta, idéal pour les petits budgets, cible bien, quantifiable et peut être ajusté à tout moment

  • la newsletter, déjà adoptée par la majorité d’entre vous

  • les happening hors les murs : affichage surprenant dans les lieux stratégiques, concert spontané dans des gares ou dans la ville, projection hors les murs, etc.

  • en stories, ce sont surtout vos “superfans” qui vont les voir, elles ne sont pas à négliger

  • pendant la période froide = souhaiter les voeux, dévoiler le OFF et les coulisses, faire des retours en images, envoyer des newsletters, créer des offres de lancement (earlybird) sans programmation = cela va créer de l’engouement, de nouvelles actualités à annoncer, créer du merchandising (tote bag, stylos, carnets, t-shirt, etc.)

A présenté sa vision de la communication, qui était intéressante car, contrairement aux festivals, l’Atabal est un lieu culturel implanté qui ne connaît presque pas de saisonnalité. La Smac reçoit environ 32.000 visiteurs par an et mène des actions culturelles auprès des publics éloignés (actions de création musicale auprès des Ehpad, écoles, collèges, prisons, etc toute l’année, par ex)

Il s’est notamment focalisé sur la refonte de sa charte graphique après 20 ans d’existence de l’Atabal :

  • réduction des supports print au profit du digital, parution trimestrielle

  • sur le print : uniquement aller vers l’essentiel

  • pour la refonte, l’équipe s’est posée la question “quelle est notre identité ?”, un mot est ressorti + que les autres : vibration, deux journées d’échange / brainstorming pour définir plus précisément l’identité de l’Atabal

  • pour Juan, un retour aux sources est essentiel, si Meta s’effondre (exemple de Twitter), quel est notre avenir ? Il opte ainsi pour de la distribution de flyers, du street marketing, le traditionnel bouche-à-oreille, et fréquenter des endroits qui diffusent de la musique

La stratégie de communication vers les partenaires institutionnels et privés

Dans le cadre des journées d’étude 2025 du Collectif sur le thème de la communication, incluant notamment la mutation numérique, l’éco-responsabilité et les différents objectifs ; après une 1re journée au FIPADOC (Biarritz) consacrée au diagnostic, aux enjeux et à la stratégie marketing, et avant une 3e journée en octobre au FIFIB qui s’intéressera à la stratégie de communication destinée aux publics et aux cibles relais, la 2e journée au Festival du cinéma de Brive s’est portée sur la stratégie de communication vers les partenaires institutionnels et privés.

Intervenant·es : Sophie Lebreton, chargée de communication de la Région Nouvelle-Aquitaine ; Isabelle Dugat, responsable unité communication du Crédit Agricole Centre France ; Sandra Bernardie, directrice MCV Communication & Événements (Brive) ; Agnès Reure, responsable Partenariat & Mécénat au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand

Modération : Raphaël Laforgue, écrivain

Partenaires publics et privés

  • Sophie Lebreton, chargée de communication à la Région Nouvelle-Aquitaine, a partagé les défis liés à la visibilité des festivals dans une grande région, ainsi que les outils mis en place pour soutenir ces événements.

  • Isabelle Dugat, responsable de l’unité communication du Crédit Agricole Centre France, a présenté la stratégie de mécénat et de sponsoring de son institution, axée sur la fertilisation croisée et le développement territorial.

Représentant·es des festivals

  • Sandra Bernardie, directrice de MCV Communication et conseillère du Festival du cinéma de Brive, a insisté sur l’importance de la personnalisation des partenariats et de la communication à l’année.

  • Agnès Reure, responsable du mécénat et des partenariats pour Sauve Qui Peut le Court-Métrage et organisatrice du Festival du Court à Clermont-Ferrand, a partagé des exemples concrets de partenariats réussis et de gestion des relations avec les mécènes.

Partenaires publics

La Région Nouvelle-Aquitaine soutient environ 330 festivals avec des niveaux de visibilité variables en fonction des subventions allouées. Sophie Lebreton a souligné les difficultés liées à la gestion de la visibilité sur les réseaux sociaux, en raison de la saturation des contenus régionaux. La Région propose un portail culturel pour promouvoir les événements, mais la visibilité reste limitée à deux posts par semaine (un article de fond le mardi et un post sur les sorties culturelles le vendredi).

Sophie Lebreton a également évoqué la complexité de l’organigramme régional, qui peut rendre les échanges difficiles pour les festivals. Elle s’est positionnée comme un relais pour faciliter les échanges entre les festivals et les différents services de la Région.

Partenaires privés

Le Crédit Agricole Centre France, avec 50% de part de marché dans cinq départements, soutient des projets culturels via le mécénat et le sponsoring. Isabelle Dugat a insisté sur l’importance de la fertilisation croisée : soutenir des événements qui dynamisent le territoire et favorisent le bien-être local. Les contreparties demandées (visibilité, événements dédiés) sont négociées, mais ne constituent pas la raison principale du mécénat.

Isabelle Dugat a également expliqué que le Crédit Agricole Centre France soutient 2 400 projets par an, avec un budget de 1 million d’euros pour le mécénat et 700 000 euros pour le soutien à la vie locale. Les caisses locales disposent d’un budget pour accompagner les associations et événements locaux, en fonction de leur impact sur le territoire.

Communication à l’année

Les festivals doivent maintenir une présence constante pour rester visibles, même en période creuse. Agnès Reure a souligné l’importance de créer des événements hors festival pour entretenir les partenariats et impliquer les mécènes. Ces événements permettent de renforcer les liens avec les partenaires et de valoriser leur engagement tout au long de l’année.

Réseaux sociaux et influenceurs

Les formats courts (reels et storys sur Instagram, TikTok…) sont privilégiés pour toucher un public large et jeune. Isabelle Dugat a mentionné l’utilisation de micro-influenceurs locaux pour promouvoir les événements. Le Crédit Agricole Centre France utilise également TikTok et Instagram pour partager des reportages et des contenus divers.

Visibilité des partenaires

Les logos et mentions des partenaires sont essentiels, mais doivent être équilibrés pour éviter la surcharge. Agnès Reure a expliqué que la visibilité des partenaires est souvent négociée en fonction de leur niveau d’engagement. Par exemple, les logos des principaux partenaires sont mis en avant sur les affiches et les supports de communication, tandis que les partenaires secondaires bénéficient d’une visibilité adaptée.

Personnalisation des partenariats

Chaque partenariat est unique et nécessite une approche sur mesure. Sandra Bernardie a insisté sur l’importance de construire une relation de confiance et de maintenir un dialogue régulier avec les partenaires. Les festivals doivent adapter leurs offres en fonction des attentes et des besoins spécifiques de chaque partenaire.

Événements dédiés

Organiser des événements spécifiques pour les partenaires (projections privées, rencontres…) permet de renforcer l’engagement et la visibilité. Agnès Reure a partagé l’exemple d’une projection privée pour le Crédit Agricole, qui a permis de valoriser le partenariat et de créer un lien fort avec les entreprises locales. Ces événements permettent également de sensibiliser les partenaires à la mission et aux valeurs des festivals.

Actions hors festival

Les festivals développent des actions tout au long de l’année pour maintenir l’intérêt et l’engagement des partenaires et du public. Agnès Reure a mentionné des résidences, des formations, et des tournages pour animer le territoire. Ces initiatives permettent de prolonger l’impact du festival et de renforcer son ancrage local.

Impact économique et culturel

Les festivals contribuent à l’attractivité des territoires en attirant des visiteurs et en dynamisant l’économie locale. Isabelle Dugat a souligné que le soutien aux festivals est aussi une stratégie pour valoriser le territoire et ses acteurs. Les festivals génèrent à la fois des retombées économiques (hôtellerie, restauration, commerce) mais aussi culturelles (rencontres, échanges, découverte de talents).

Formats courts et engagement

Les contenus courts (très en vogue sur Instagram, sur TikTok par exemple) sont les plus efficaces pour toucher un large public. Les festivals utilisent ces plateformes pour promouvoir leurs événements et interagir avec leur audience. Isabelle Dugat a souligné l’importance de ces formats courts pour capter l’attention des jeunes et des publics connectés.

Podcasts et vidéos

Les masterclasses et débats sont filmés et diffusés sur YouTube pour prolonger la visibilité des festivals. Ces contenus servent aussi à promouvoir les films et les réalisateurs après le festival. Sandra Bernardie a mentionné que ces supports permettent de toucher un public plus large et de valoriser le travail des artistes.

Prix partenaires

Certains partenaires dotent des prix, mais leur implication dans le choix des lauréats peut poser des problèmes de cohérence avec la ligne éditoriale du festival. Agnès Reure a expliqué que les prix doivent être alignés avec les valeurs du festival et ne pas être influencés par les attentes des partenaires. Par exemple, le Festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand a mis en place des prix spécifiques (prix des effets spéciaux par Adobe, par exemple) qui sont en adéquation avec les valeurs et les thématiques du festival.

Équilibre et visibilité

Les cérémonies de remise des prix doivent être équilibrées pour éviter une surcharge et maintenir l’intérêt du public. Les festivals privilégient des partenariats qualitatifs et limitent le nombre de prix pour préserver leur crédibilité. Agnès Reure a partagé l’expérience de son festival, où les prix sont désormais remis en deux temps : une cérémonie dédiée aux prix partenaires et une cérémonie de clôture pour les prix principaux.

Le Crédit Agricole soutient le festival de Clermont à travers des projections privées et des événements dédiés aux mécènes. Ce partenariat permet de valoriser le territoire et de créer un lien fort avec les entreprises locales. Isabelle Dugat a souligné que ces initiatives renforcent la fierté d’appartenance des salariés du Crédit Agricole et contribuent à la dynamique territoriale.

Le fonds Porosus, créé par la famille Lacoste, soutient les talents émergents dans le domaine artistique et sportif. Ce partenariat offre une visibilité mutuelle et renforce l’attractivité du festival. Agnès Reure a expliqué que ce fonds permet de financer des bourses d’aide à l’écriture et de promouvoir les lauréats du festival, créant ainsi un cercle vertueux pour les artistes et le festival.

La communication est essentielle à la réussite des festivals et le maintien des partenariats. Les festivals doivent faire force de proposition mais également s’adapter aux nouvelles tendances, ce qui va leur permettre de rester visibles et attractifs.

De plus, la communication ne se limite pas seulement aux réseaux sociaux ou aux supports traditionnels : elle doit être intégrée, stratégique et constante pour toucher tous les publics.

Un dialogue perpétuel et une collaboration solide entre les festivals et les partenaires sont nécessaires pour construire des partenariats durables et bénéfiques pour toutes les parties.

Les festivals se doivent d’être à l’écoute des attentes de leurs partenaires et d’adapter leurs stratégies en conséquence.

La communication est un travail de tous les jours, qui nécessite créativité, réactivité et une vision acérée sur le long terme.

Stratégie de communication destinée aux publics et aux cibles relais

FIFB – Locomotiv, Jeudi 9 octobre 2025

Après une première journée consacrée en janvier à Biarritz au diagnostic et aux enjeux de communication, puis une deuxième en avril à Brive sur les stratégies à destination des partenaires institutionnels et privés, cette troisième rencontre s’est tenue à Bordeaux autour de la communication vers les publics et les cibles relais.

L’objectif : réfléchir aux différentes possibilités pour structurer l’engagement des publics et la visibilité des festivals grâce à des cibles-relais.

Ce nouveau temps de formation a réuni les représentant·es de festivals de cinéma de la région Nouvelle-Aquitaine pour réfléchir collectivement à la manière dont les stratégies de communication peuvent mieux relier les festivals à leurs publics : à travers l’analyse des audiences, les collaborations avec des micro-influenceurs, les actions hors médias ou la revalorisation d’outils historiques comme le catalogue.

La communication 2025 de la 14e édition du FIFIB

Manon Dugravier a présenté la campagne de communication du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB), conçue par Studio Avenir, structure de design graphique et de direction artistique spécialisée dans les identités visuelles de marques et d’événements culturels.
Elle est revenue sur le processus de conception d’une image de marque cohérente, de la stratégie initiale à la création de contenus print et digitaux, insistant sur l’importance d’une charte visuelle claire et immédiatement reconnaissable.

Le travail mené pour le FIFIB 2025 illustre une communication pensée comme expérience esthétique et sensorielle, en dialogue avec la programmation et la direction artistique du festival. Le travail est différent de la Semaine de la Critique avec une photo et des visuels. Chaque festival est différent et il est toujours difficile d’anticiper la réception, pour cette raison, il est toujours utile d’impliquer tous les membres de l’équipe en amont.

Créer l’engagement auprès des publics : communication digitale et influence

Cette intervention de l’agence LuckyTime a permis de poser les bases d’une stratégie numérique adaptée aux festivals de cinéma, entre connaissance fine des audiences, optimisation des canaux de diffusion et usage raisonné des outils publicitaires.

1. Comprendre les publics et les canaux

LuckyTime accompagne la filière cinématographique dans son ensemble (production, distribution, exploitation, festivals, plateformes, institutionnels, régions) avec la devise :

« Vous rendre visible au bon endroit, au bon moment, avec le bon contenu. »

La démarche repose sur l’analyse des publics et la définition des canaux pertinents :

  • Site internet et statistiques de fréquentation (Google Analytics)
  • Newsletters (taux d’ouverture, profils abonnés)
  • Pages sociales (Meta, TikTok, YouTube, etc.)
  • Mécanismes de fidélisation et de reciblage (CRM, pixels, campagnes sponsorisées)

2. Communication territoriale et storytelling

Les intervenantes ont insisté sur l’importance d’un ancrage territorial affirmé : valoriser les communautés locales, relayer les retours d’expérience du public, adapter les contenus aux identités régionales (vocabulaire, visuels, hashtags géographiques), et renforcer la fierté d’appartenance au territoire.

3. Création de contenus impactants

LuckyTime recommande une production adaptée aux formats et aux algorithmes :

  • Formats courts (vidéos < 1 min) avec un accroche dynamique dès les 3 premières secondes pour développer l’attention dès les premiers instants,
  • Visuels adaptés aux plateformes (4:5 pour les posts fixes, 9:16 pour les stories)
  • Contenus collaboratifs : crossposting entre pages Facebook ou co-publications sur Instagram (jusqu’à 5 comptes), permettant de mutualiser les audiences et d’élargir la portée des publications.

4. Influence et micro-influence

Intérêt d’introduire les leviers de la micro-influence comme outil d’élargissement des publics :

  • Identification des créateurs de contenus affinitaires (Instagram, TikTok, YouTube)
  • Collaboration sous forme d’accréditations ou d’invitations
  • Coordination d’un calendrier de publications synchronisées pour générer des effets viraux
  • Observation d’exemples comme le festival Screen Spirit (52,9 % de 25–34 ans, 75 % d’engagement via animations et réseaux)

L’objectif n’est pas tant la notoriété massive que la création d’engagement qualitatif et la reconnaissance communautaire.

5. Données et outils : mesurer l’efficacité

Les outils présentés par LuckyTime permettent un suivi précis des performances :

  • Mini-sites de campagne : mesure du nombre de visiteurs uniques, taux d’engagement (moyenne observée : 19,6 %), clics sur séances, coût par visite (0,07 €). Exemple Bilan mini site LuckyLab.
  • Tableaux comparatifs avec les moyennes nationales, profils démographiques des visiteurs, sources de trafic (Facebook, Instagram, presse culturelle en ligne).
  • Pixels Meta et Google Tag Manager : tutoriel pour le suivi de conversions et la constitution d’audiences personnalisées, intégrant l’installation de GTM et le dépôt d’un pixel Meta sur le site du festival.
  • L’ensemble de ces outils offre une lecture fine du comportement des publics, permettant d’ajuster la stratégie de communication d’une édition à l’autre.

Orchestrer sa communication pour toucher un public plus large et prescripteur

Ophélie Rebelo a apporté un contrepoint complémentaire à l’approche digitale, en soulignant la nécessité d’une orchestration globale de la communication des festivals.

S’appuyant sur son expérience de la distribution indépendante, elle a présenté des méthodes de synergie entre les acteurs du terrain, les médias, les partenaires et les relais d’influence. Elle a insisté sur la cohérence entre les supports (print, digital, événementiel) et la continuité éditoriale avant, pendant et après le festival. Son intervention a notamment montré que la visibilité médiatique et la médiation directe ne s’opposent pas, mais se renforcent mutuellement lorsqu’elles s’inscrivent dans une stratégie concertée.

Les relais sont le coeur vivant de la communication culturelle : 

  • ils amplifient la visibilité et créent du lien avec le public,
  • ils renforcent la crédibilité et sont des vecteurs de légitimité,

Ils ne sont pas un simple complément de votre communication, mais un pilier du rayonnement de l’événement.

Il y a une similitude avec les sorties en salles : 

  • Il faut définir un coeur de cible qu’on va élargir au maximum en identifiant des relais d’influence et des prescripteurs,
  • Chaque film ouvre de nouvelles portes vers des publics variés,
  • Alors que l’enjeu des festivals est une pluralité de propositions artistiques et thématiques.

Identifier les relais : un réseau multiple pour un rayonnement collectif

  • Institutionnels : DRAC, Mairies, départements, élus culture,
  • Culturels : médiathèques, ciné-clubs, commerces culturels,
  • Médiatiques : presse, radios locales, influenceurs, site webs
  • Éducatifs et touristiques : enseignants, universités, hôtels, campings,
  • Cinéma : producteurs, distributeurs, vendeurs, CNC

Les actions à développer

  • Créer des outils clairs et adaptables : kits média, visuels, hashtags,
  • Co-construire des expériences : projections, ateliers, jurys, partenariats
  • Valoriser la participation pour transformer les relais en ambassadeurs

Les clés d’une relation durable : les relais ne s’activent pas seulement, ils s’entretiennent

  • La relation repose sur la confiance, la reconnaissance et la valorisation, soit : 
  • Créer des liens humains authentiques et réguliers,
  • Animer le réseau : newsletters, rencontres, remerciements,
  • Travailler dans la durée (avant, pendant et après le festival).

Créer un impact à long terme 

  • Collaborer avec les distributeurs et producteurs,
  • Mutualiser les efforts entre travail local et sortie nationale, pour faire du festival un acteur durable du réseau cinéma.

Faire du festival un projet collectif et vivant

Les relais amplifient, légitimement et pérennisent le festival. Ils transforment la communication en énergie partagée, en expérience commune. Les mobiliser, c’est donner au festival une voix collective et durable.

L’atelier collectif a prolongé la réflexion autour de la communication en interrogeant la pertinence actuelle du catalogue de festival. Longtemps central dans l’économie symbolique et documentaire des festivals, le catalogue fait aujourd’hui l’objet d’un réexamen critique à l’aune :

  • de la transition écologique,
  • de la dématérialisation des supports,
  • et des nouvelles pratiques de médiation.

Les participant·es ont partagé leurs pratiques et contraintes :

  • Poitiers Film Festival : 2 000 ex., gratuit, réalisé en 2 mois par une dizaine de personnes.
  • Festival de Brive : 1 000 ex., payant, conception en 2 semaines, réécriture partielle des textes.
  • Musical Écran : 2 500 catalogues et 6 500 dépliants, conception sur 100 h.
  • FFA Angoulême : 2 500 ex., vendu 8 €, fort investissement éditorial (1 000 h de travail).
  • FEMA La Rochelle : 2 100 ex., vendu 15 €, coordination sur 3 mois, édition très complète. Ils ont depuis 2025 arrêté de commander des textes introductifs.
  • FIF Ménigoute : 2 000 ex., vendu 1 €, travail étalé sur 4 mois.
  • FIPADOC Biarritz : série de catalogues thématiques, tous gratuits, édités à plusieurs milliers d’exemplaires.
  • Festival Biarritz Amérique Latine : 1 400 ex., vendu 8 € (5 € pour les titulaires du pass semaine), réalisé par 7 personnes pour la collecte et 1 graphiste pour la conception, sur un temps estimé entre 150 et 200 h ; les synopsis ne sont pas réécrits mais traduits.

L’atelier a dégagé plusieurs pistes :

  • Maintenir le catalogue comme objet symbolique et mémoire du festival, mais en rationaliser la production.
  • Expérimenter des formats hybrides (numériques enrichis, participatifs, écoresponsables).
  • Renforcer la valeur de médiation du catalogue plutôt que sa seule fonction informative.
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