Après l’écoresponsabilité en 2022, le travail en 2023, l’inclusion en 2024 et la communication en 2025 le collectif des festivals de cinéma de Nouvelle-Aquitaine aborde en 2026 la thématique de l’intelligence artificielle.

Une première journée de formation s’est tenue à Pau le 28 avril dans le cadre du festival Rock this town sur la thématique « L’IA au service du cinéma et des festivals ».

L’IA au service du cinéma et des festivals

Mardi 28 avril 2026 au Méliès de Pau a eu lieu la première journée de formation, dans le cadre du festival Rock this town.

Intervenants :
Anthony Rambaut : Ingénieur informaticien, Fondateur de l’entreprise NOTIDEV
François Louis : Développeur NOTIDEV
Yannick Arana : Animateur/médiateur culturel chez CAP COM 64

  • Accueil et mise en route
  • Kahoot ! Idées reçues
  • Echanges et réactions en plénière
  • Pause
  • Panorama d’outils IA concrets
  • Communication
  • Programmation et création
  • Administration et gestion
  • Atelier « Depuis son siège »

Les intervenants proposent un échange sur l’IA et ses enjeux, et une participation interactive entre eux et le collectif.

Intervention en préambule de Xavier Le Falher (Directeur de la programmation du Mélies – Directeur Général du Festival Rock This Town) :

Présentation du Festival Rock This Town dont c’est la 19ème édition. Le festival est membre du collectif.

Pour ce festival il y a deux types de public :

  • Un public attiré par la musique

  • Un autre plus intéressé par le cinéma

L’enjeu de ce festival est de casser l’image et de s’ouvrir aux programmations diverses qui brisent les frontières, car la programmation est internationale. Les invités sont issus des milieux de la musique et du cinéma. Le festival reçoit des subventions, notamment de la Ville de Pau.

L’IA c’est quoi ? 

  • Un outil de générateur de contenu
  • La plus grande base de connaissances
  • Un excellent assistant pour presque toutes les tâches
  • Une technologie entrainée sur toutes les données
  • IA= Maths – sciences – statistiques

L’IA n’a pas d’opinion mais elle peut être biaisée selon l’entrainement qu’elle a reçu.

Un intervenant de NOTIDEV donne l’exemple de X. « Sur X, l’IA (Grok) est intégrée et est fondée à partir du rejet de l’humain (Misogynie, racisme etc).

Un membre du collectif pose la question sur l’algorithme

Intervenant : 

L’algorithme est un arbre de pensées et de décisions.
C’est seulement la manière dont le créateur injecte les données à l’IA.

Un membre du collectif pense que celui qui crée une base d’IA comme sur X est plus autoritaire que créatif.

Intervenant : Oui, le créatif existe, mais l’IA est juste guidée par quelqu’un de créatif. Le créateur de l’humain c’est l’homme.

Collectif : C’est assez contradictoire non ?
Intervenant : L’être humain doit se poser en juge de paix. Il faut se pondérer et être très curieux face et envers cet outil.

Les intervenants de NOTIVED expliquent les 3 formes d’IA : 

IA générale :
Hypothétique, capable de tout comme un humain
N’existe pas. C’est de la science-fiction

IA Générative créative :
Produit du contenu aux formats texte, image, son, vidéo.
ChatGPT-Claude-MIdjourney-Sora-Mistral

IA Spécialisée :
Agent : algorithme
Une seule tâche
Recommandations
Reconnaissance faciale

Un membre du collectif, journaliste de formation qui a connu l’évolution de journalisme en matière technique, pense qu’il faut faire attention à ce que les jeunes notamment, ne se laissent pas manipuler par l’outil.

Intervenant : il faut se responsabiliser face à l’outil. L’Europe essaie de réguler l’outil. C’est difficile de réguler une innovation et son utilisation.

Collectif : Les gens ont tendance à parler à l’IA comme à un humain alors que « on ne parle pas à un marteau ».

Intervenant : L’IA donne l’impression qu’elle a une empathie. En Asie du Sud-Est des personnes se marient avec une IA ou font appel à l’IA comme à un psy. 

Collectif :  C’est une question intéressante de société. Il faut prendre en considération l’importance de l’humain face à l’IA. Nous, on crée avec l’intelligence créative. Peut-on éviter un système d’entonnoir ?

Intervenants :
On revient sur les notions de responsabilité face à l’outil. Son utilisation pour réaliser un prototype vidéo ou pour décrocher des subventions peut se poser. Et, effectivement l’IA a cet effet d’entonnoir. L’humain va diverger et créer contrairement à l’IA. Il faut avoir une réflexion en tant que créateur de contenu, et un bon usage de l’IA.

Les intervenants passent une vidéo de 30 secondes générée par l’IA : 

Questionnements du collectif à l’issue du visionnage car un intervenant montre une image du film en disant qu’elle aurait dû être améliorée. Un membre du collectif pense plutôt modification au lieu d’amélioration.

Intervenant : L’IA peut faire des erreurs. Du coup perte de temps pour les vérifier. Comment apprendre à mieux l’utiliser ? L’intervenant cite son expérience personnelle : il sait faire le prompt avec l’IA, mais a une designeuse pour les images car ce n’est pas son domaine. L’humain va toujours plus loin que l’IA.
La question du public se pose aussi, à savoir qui va regarder un film généré par l’IA ? Invitation, sensibilité ? etc…

Collectif : Il faut emmener le grand public à une réflexion plus collective.

Intervenant : d’où l’importance de l’éducation à l’image.

Le collectif rappelle la suppression du Pass culture, ce qui pose des difficultés pour l’éducation à l’image.

Collectif : Si on veut refaire ce film avec uniquement des moyens humains, quelle sera la réponse des financeurs ? Une labellisation humaine à intégrer ? 

Intervenant : Donne l’exemple du milieu des échecs qu’il connait bien. Les joueurs utilisent l’IA pour s’entrainer, mais l’humain prend toujours place pour jouer. Selon le coût des projets, le client attend un regard qualitatif, et donc de l’humain.

Collectif : Dans le cinéma, il y a la contrainte financière, on essaie de survivre. Ce n’est pas comparable.

L’intervenant répond sur les notions de l’influence de l’IA selon les questions et selon les différentes IA et les meilleures à utiliser :
Comme Mistral en matière de bilan carbone, plus pour le créatif et usage domestique, souveraineté numérique au monde du développement, pour la production des films etc . Claude et Anthropic pour le scientifique. Cela permet une optimisation grâce à l’IA.

Collectif : Si on gagne du temps sur notre temps de travail, on peut nous dire qu’on en a plus besoin de ce temps, et du coup perdre un poste.

Intervenants : Il faut le voir comme une ressource. Utiliser le temps gagné en l’optimisant, et travaillant sur d’autres projets par exemple. Il faut démontrer que l’humain a sa place, et démontrer qu’il y a un risque à trop utiliser l’IA. Il y a une variable à trouver.

Collectif : Une vraie connaissance du milieu de l’industrie (cinéma-festival) serait bien et rassurante.

Intervenant NOTIVED : eux ont une mission culturelle et d’information sur l’IA.

Intervenant Yannick Arana : Je comprends et l’entends. En termes de programmation pure, beaucoup de festivals intègrent l’IA sur des pôles culturels, mais ça a un coût et pose une question éthique et humaine. Il faut vendre du relationnel, du sensationnel, de l’émotionnel, et un suivi.
Importance de : 

  • La labellisation
  • De décideurs qui peuvent se mettre d’accord sur l’état des lieux. Mais il y a un flou.

Le collectif donne l’exemple des scénaristes en grève du cinéma d’Hollywood.
Intervenants : Problèmes avec les doublages IA et comédiens. Ce sont des questions d’éthique et de valeurs. Les voix des doubleurs s’élèvent. Ex la chanteuse Taylor Swift va protéger légalement sa voix.

 

Revenons à la question d’utilisation de l’outil IA pour améliorer son quotidien. Se greffent aussi les questions écologiques, l’IA ne l’étant pas. (Le temps manque pour en parler au cours de la réunion et ce sera l’objet de la prochaine journée d’étude).

 

Sur les questions de souveraineté : 

Actuellement des humains sont payés pour prendre des photos et vidéos pour entrainer l’IA.

Un intervenant donne l’exemple de BD générées par l’IA dans les collections jeunesse et qui se vendent très mal.

Intervention dans la salle sur l’IA utilisée dans les collectivités pour du contenu visuel. Les collectivités pourraient payer un graphiste.

3 règles d’or pour utiliser l’IA dans le cadre de la programmation culturelle :

  • Ne jamais publier sans relire
  • Ne jamais alimenter un outil avec des données sensibles
  • Toujours garder l’humain au cœur des décisions artistiques

Le collectif demande un exemple de risques : Réponse des intervenants.

  • Données sensibles, programmation culturelle : mailings qui pourraient être publiés et utilisés par fuites de données. Chiffres de fréquentation des festivals.
  • Utilisation des graphismes, fiches de postes, contrats de travail etc.
  • Attention aussi à CANVA qui gagne du terrain sur PHOTOSHOP et qui fait perdre en qualité.

Les intervenants de NOTIDEV informent que l’on peut faire installer une IA sur son ordinateur par des informaticiens, et les données ne fuitent pas.

 

Fin de la réunion. 

PS : Les échanges ayant été longs, l’ordre du jour n’a pas pu être déroulé dans son entièreté. Des points pourront être abordés lors de nouvelles réunions.
Si parmi le collectif des personnes souhaitent poser des questions aux intervenants, voici leurs coordonnées :

Notived : contact@notived.com

Yannick Arana : capcomconsult64@gmail.com 

Prises de notes et rédaction du compte rendu :  Nelly Somdecoste-Lespoune, bénévole du festival Rock This town

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